Criteo: l'entreprise innovante invisible qui cartonne

D'innombrables start-up font la une des journaux. On dit d'elles qu'elles marchent bien... parce que leurs applications sont téléchargées, parce qu'elles embauchent à tour de bras et, quelques années plus tard, on les oublie. Critéo, c'est l'inverse: la société qui ne fait pas parler d'elle auprès du grand public, mais dont le chiffre d'affaires explose.


 

Dismoiou (aka société Badtech) est une société dont j'ai entendu parlé par l'une des participants à mes formations. Elle me disait, alors que je parlais de Foursquare qu'elle connaissait l'équivalent français, Dismoisou qui marchait bien. Tellement bien qu'elle s'était payée le luxe de lancer une version anglaise de son service (Tellmewhere). Je me hasardais à lui poser une question bête: qu'entendait-elle par "bien marcher" ? En tant qu'entrepreneur, "bien marcher" signifie réaliser du chiffre d'affaires et réaliser des bénéfices. Ma participante m'avoua qu'elle ne savait pas et je n'insistais pas pour ne pas l'embarasser.

Mais j'ai télécharger l'application Dismoiou et l'ai testée. J'ai gardée la société dans mon rétroviseur pour comprendre si elle se développait, si elle grossissait. Comme de nombreux concurrents de Foursquare, elle finit par changer de business model pour devenir un détecteur de bons plans locaux. Signal rouge n°1 !

Or, je croyais peu aux applications spécialisées dans les bons plans locaux, tout simplement parce que la masse critique d'utilisateurs à les utiliser n'était pas atteinte.

Fin octobre 2012, j'ai fini par découvrir que Dismoiou été en cours de rachat par Maximiles. Pour savoir s'il s'agissait d'un rachat de fin de vie de société ou un rachat s'inscrivant dans le cadre d'une collaboration industrielle, j'ai jeté un coup d'oeil à societe.com. 100 000 € de CA en 2011 pour 360 000€ de déficit et des capitaux propres négatifs à hauteur de 500 000€.  En consultant les exercices antérieurs, j'ai découvert que les pertes cumulées entre 2008 et 2011 de cette société qui avait levée beaucoup d'argent avoisinnait les 2 millions d'euros. Je me suis dit que les dirigeants de l'entreprise avaient bien du se remunérer avec l'argent des investisseurs tout en jouant aux stars du web mobile (voir les articles étonnamenet élogieux de la version françaises de Techcrunch).

Critéo, c'est le cas inverse: création à peu près à la même période vers 2006-2007, mais véritable succès commercial et financier. 9 millions de dollars de CA en 2009, 60 millions de dollars en 2010, 200 millions en 2011 et 400 millions pour 2012. Les mêmes ambitions internationales que DismoiOu, mais avec un produit qui marche vraiment (ie qui génére des revenus).

Il s'agit d'une start up au sens littéral. Dans start-up, on retient surtout le "start", la petite boîte qui démarche. On oublie le "up" qui signifie décollage à la verticale du chiffre d'affaires. Critéo qui pourrait toucher les 400 millions de dollars de CA au bout de sa sixième année, est une authentique start up technologique.

Mais que fait Critéo au fait ?

Vous connaissez les publicités qui vous affichent des produits que vous avez déjà consulté sur la Redoute, Vert Baudet, Sarenza ou Dell ? C'est Critéo qui les affiche. Si Critéo marche du tonerre, c'est parce que ces publicités qui vous parlent de produits qui vous intéressent au moment où vous les chercher, reçoivent un bon accueil général des internautes, qui cliquent énormément dessus et achètent derrière.