Le transfert de technologie vers l'Afrique

Les jeunes entreprises innovantes rêvent la plupart de l'Amérique, qui offre un marché au potentiel infiniment supérieur à celui de la France. Mais la plupart d'entre elles n'ont pas suffisamment d'atouts pour percer sur ce marché hyper concurrentiel  où s'affrontent tous les talents du monde. Et si le transfert de technologie vers l'Afrique constituait un véritable débouché pour ces dernières ?

 

Lorsque l'on travaille dans le monde des nouvelles technologies, les Etats-Unis  font davantage rêver que l'Afrique, ce vieux continent poussiéreux qui est tellement sous équipé en informatique et en internet. En outre, les exemples se sont multipliés de jeunes entreprises innovantes qui ont réussi sur ce marché : de Critéo et sa technologie de ciblage publicitaire, qui affiche une croissance insolente et une introduction en bourse historique pour une société française à cette start-up spécialisée dans le filtrage intelligent d'emails que Google et Facebook se sont battus pour racheter moins de deux ans après sa création pour 15 millions de dollars, les exemples se sont multipliés qui prouvent que les Français peuvent réussir dans les nouvelles technologies aux Etats Unis.

 

Mais pour une réussite, combien d'échecs ? Et surtout, combien de start up françaises ont le profil pour réussir aux USA ?

De façon assez surprenante, il existe des voies moins lumineuses, mais présentant plus de potentiel pour les jeunes entreprises innovantes , qui auront du mal à réussir aux Etats Unis, où elles ne sont pas attendues et où elles doivent affronter une concurrence féroce (au niveau du marché, des ressources humaines ou du financement) alors que s'offrent à elles des boulevards dans nombre de pays d'Afrique où la concurrence n'existe pas, où des capitaux sont disponibles et où contrairement à ce que l'on croit des dizaines de millions de personnes sont connectés à internet, que ce soit par des PC ordinaires ou via des smartphones sur l'internet de demain.

Tous les pays africains ne présentent pas le même potentiel, mais il y a des opportunités pour de nombreuses start-up au potentiel moyen (c'est à dire qui ne deviendront jamais Critéo ou Facebook, mais qui peuvent atteindre quelques millions d'euros de chiffre d'affaires avec une rentabilité raisonnable).

Ces opportunités se présentent souvent  dans le cadre de partenariats avec des entreprises locales qui prennent la forme de transfert de technologies.  Il existe souvent des gens bien formés et des entrepreneurs volontaires et modernes mais qui ne savent pas tout faire et qui sont à la recherche d'innovations relatives au marché de leur pays. .
Mais un transfert de technologie ne s'improvise pas. Il faut de la méthode.

Voici ce qu'Hassan Hachem, un homme d'affaires franco-libanais qui a créé de nombreuses entreprises en Afrique fondées sur le transfert de technologie (dans le domaine du BTP et de l'industrie) dans les années 1990, peut conseiller en matière de transfert de technologie : .

1. Se faire accompagner par des avocats

Prenez conseil auprès d'avocats spécialisés dans la protection de la propriété intellectuelle en Europe qui connaissent les problèmes de piratage de technologie à l'international et les moyens de s'en protéger. Prenez également conseil auprès d'avocats locaux  spécialiste des affaires dans le pays dans lequel vous envisagez de vous implanter. Ces avocats ne doivent pas être les mêmes que ceux de vos partenaires et doivent vous aider à comprendre le contexte du droit des affaires dans leur pays, ainsi que le fonctionnement exact de la Justice locale.

2.Vérifier la taille du marché

Certains pays qui peuvent être intéressants pour certains transferts ( le bâtiment, par exemple), ne seraient pas forcément importants dans d’autres domaines. Vérifier que le marché présente un potentiel suffisamment important.

3. Trouver un partenaire local honnête, loyal et responsable.

C'est le plus difficile : trouver un partenaire à la fois compétent, fiable d'un point de vue professionnel et personnel, honnête et suffisamment introduit dans le milieu des affaires.

Protéger sa technologie

Hassan Hachem ajoute qu'il est nécessaire de protéger juridiquement et, si possible physiquement, sa technologie : par exemple, un start-up qui cherche à lancer son application sur un marché africain via une joint venture aura tout intérêt à conserver le contrôle sur l'hébergement de son application.

4. Adapter sa technologie au marché

Souvent, il faudra adapter sa technologie aux spécificités du marché : ainsi, par exemple, prendre en compte, toujours dans le domaine de l'internet le fait que les débits sont plus faibles, surtout dans le domaine du marketing mobile.  A cause de la faiblesse du débit, les smartphones sont, en général, moins puissants. Cela implique parfois d'alléger les fonctions  des applications mobiles.

5. Soyez patients !

Enfin, Hassan Hachem de conclure : il faut être patient, si l'Afrique n'est plus le  mammouth difficile à bouger qu'elle a été, les choses prennent souvent plus de temps à mettre en place, mais en outre, il faut souvent passer par plusieurs échecs avant de  connaître le succès. Mais, la plupart du temps, le succès, même relatif est au bout du chemin pour les entreprises qui ont une technologie à véritable valeur ajoutée.